Banquet du 1er mai

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Université du Temps Libre d’AndennE

 

Allocution du mardi 1er mai 2018

 

Bonjour à toutes et à tous,

Je voudrais placer cette rencontre conviviale sous le signe d’un double thème : engagement et créativité.

Engagement

Dans notre société, les personnes qui n’ont plus de productivité économique, qui ne contribuent plus directement au PIB, sont considérées comme un poids inutile qu’il faut supporter.

Comme vous le savez sans doute, cela n’a pas toujours été le cas. Quand j’habitais dans mon village natal, les personnes âgées – grands-parents ou personnes célibataires – restaient dans la maison paternelle et y rendaient de grands services : ils participaient aux travaux ménagers, surveillaient les enfants et transmettaient la culture populaire. Personne n’aurait eu l’idée de construire des homes pour personnes âgées.

Durant mes nombreux séjours en Afrique subsaharienne, j’ai constaté que la personne âgée est considérée comme « sage » et indispensable au clan. J’ai beaucoup de plaisir à écouter les récits de ces sages le soir, devant une hutte dépourvue d’électricité. 

En Inde aussi, le respect envers les aînés et l’entraide entre les générations restent des valeurs traditionnelles, même si les mutations économiques et les changements des modes de vie mettent en danger cette cohabitation harmonieuse.

Mais revenons chez nous en Belgique : de très nombreuses personnes pensionnées font preuve d’un engagement remarquable. Et l’UTLA en est un bel exemple. Sans les centaines d’heures de travail bénévole du comité de direction, l’association ne pourrait pas fonctionner. Que tous les membres de ce comité soient remerciés de tout cœur ! Un merci tout particulier à Hedwig Eicher qui, avec son équipe, a organisé ce banquet.

Créativité

On imagine souvent les personnes qui ne sont pas intégrées dans les circuits du travail rémunéré comme étant démunies de créativité, vivant dans une morne routine.

Cette image est complètement fausse. Prenons quelques exemples : quand on voit le nombre de cours et d’ateliers offerts par l’UTLA et l’UTAN, on est rempli d’admiration par la créativité et la soif d’apprendre de nos membres.

A l’Université de Namur, nombre de pensionnés reprennent des études. Un de mes anciens étudiants, médecin de formation, a fait le premier cycle en histoire et est devenu assistant volontaire.

Pendant quelques décennies, j’ai été président de jury de l’ISCO. L’étudiant le plus âgé qui ait présenté son mémoire de fin d’études avait septante-sept ans et son travail était de haut niveau.

Autre exemple, mon cousin Johann Wiesemes, qui a largement dépassé les quatre-vingt ans continue à rédiger des ouvrages d’histoire de haut niveau.

Créativité aussi au niveau de la recherche de nouvelles formes d’habitat : habitations intergénérationnelles et habitations partagées qui sont un peu la continuation des communautés que j’ai connues après mai 68.

Bref, mon propos est résolument optimiste.

Mais, peut-on dire pour autant que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? Non ! Et pour illustrer ma réponse, je vais vous raconter une petite blague :

Un homme assez âgé va trouver son médecin et se plaint : « Docteur, j’ai quatre-vingt-cinq ans et cours toujours après les filles ! »

Le médecin lui répond : « Mais c’est magnifique ! Toutes mes félicitations ! Vous n’avez aucune raison de vous plaindre. »

« Si, rétorque le vieil homme, je ne sais plus pourquoi ! »

 

Merci de votre attention et bon appétit !